lundi, 04 décembre 2006

L’urgence du chant de l’âme

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Ne pas museler ce qui s’agite et bouillonne sous pression.
Apprivoiser les envies qui n’osent pas encore.


Écrire m’appartient corps et âme,
Comme mes jambes, qui m’aident à avancer,
Même si ça fait mal souvent, m’orienter, me porter,
La plume m’amène aux autres, c’est un outil, c’est une alliée.

C’est m'entraîner à être au plus près de moi, et quand ça arrive,
Être au plus JUSTE de moi-même.
C'est en cela que l’écriture est un baromètre implacable :
Quand les mots fusent « bien centrés », ça vibre intensément.
Quand l’écriture s’étire et piétine c’est que je m’éloigne de moi.


Écrire « en vers », rythmer une parole vitale,
M’a permis d’accéder à un endroit de mon être
Qui est de l'ordre de la pulsion, du non-dit,
Là où le verbe se fait chair.
Il donne corps à un « encore » non existant,
Qui advient sur une intuition, que je n’aurais jamais contactée.
J’ai donné du sens à des élans de mon âme
Qui ne s’autorisaient pas autrement.
J’ai donné de la musique et des couleurs à des souffles étouffés.


J’ai découvert un « possible » de dire un endroit de moi
Qui était essentiel, grâce aux rimes,
Comme s’il y avait urgence à ce que ça soit
Exprimé dans la danse élégante des mots,
Et que ce seul langage soit la clé de ce monde intime
Qui n’aurait pas trouvé le passage autrement.


Parfois de rares proses ont rempli ces rôles existentiels,
A
utres gammes pour créer du nouveau avec moi,
C
es contes et récits oisifs pour libérer celle que je suis.
M
e libérer de moi et aller toucher l'Autre…

 

Écrire souvent, c’est être lasse de me reconnaître trop bien,
Être insatisfaite comme ce soir, mais quand même avoir besoin
De tâtonner vers l’exigence, aller de l’avant et grandir encore.


Écrire pour les surprises aussi, lorsque sous la plume,
Il advient de moi ce que je ne savais pas encore…


Écrire parfois, c’est découvrir avec fierté
De quel matériau se chauffe mon âme...


Écrire toujours, c'est souffler sur ma flamme...

 

Photo : Planète lumières


jeudi, 23 novembre 2006

J'me sens perdue

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J’suis paumée, désorientée,
je manque d’un fil conducteur,
d’une quille sous l’dériveur,
quand je coule pas, je rame,
besoin d’un arbre à came !

Ma vie manque de clair,
trop peu d’axes, de repères.
Pas de phare qui éclaire.
Je suis la girouette affolée
sous les vents alizés,
ou la nacelle du ballon
plus de lest ou trop, c'est pas bon.

J’suis paumée, à perte de vue,
j’me suis perdue de vue,
j’ai largué les sentiers balisés,
j’voudrais de la magie, j’suis fatiguée.
J’voudrais de la douceur, à portée…

Je cherche des pistes tous azimuts,
je tente de garder un cap ardu,
je tente le tout pour le tout,
mais j’suis souvent à bout : 
alarmée, sans légitimité,
aux yeux de la société.

Au fond, j’me sens larguée, à l’envers
un fétu au milieu de l’univers,
coque d’une âme ballottée,
que l’instinct de vie a préservée.
J’me sens paumée, perdue, abandonnée.


Je suis seule, mais j’y vais, sans même savoir,
pourquoi continuer… et parfois j’en ai marre.
Aucunes certitudes, ah ça non !
Quelques étranges convictions …
Assorties de phobies qui me stupéfient,
de paniques, ces inhibitions, et cette apathie !


Et tous ces doutes profonds…
Pas de sécurité, funambule des tréfonds…
J’voudrais d'ja lumière, savoir où j'vais, moi,
sortir de la purée de poix.
A part moins souffrir, quel espoir ?
Accepter de ne pas savoir ?

J'me sens totalement, profondément perdue,
j’avance en pays inconnu.
L’incertitude c’est comme la marche :
au point de déséquilibre du pas, on s’arrache,
c’est le prix pour avancer et cheminer…
Est-ce que je veux ?

 

 

La raison est un frêle esquif...

vendredi, 17 novembre 2006

Le Noir (détournement)


Dès sa première visite, Zobia le repère. Il lui a tapé dans l'oeil. De l'autre côté de la rue. Bien déshabillé, de saison. Il est là, il s'impose.

Sans lui certainement elle ne l’aurait peut être pas choisi, cet appartement. Ça a été l’un des signes encourageants qui lui ont soufflé un petit « oui », malgré l’espoir d’être sage, son essoufflement dans les lourds devoirs conjugaux du passé. Poser ses strings en un lieu porteur d’un « possible », malgré sa folie ambivalente. Elle l’avait vu cet appel de la testostérone, un feu noir…

Noir. Lui.

S’il pouvait les voir, sa bouche, son ventre palpitants. Les cuisses, les seins de Zobia… elle aurait vraiment aimé que ses fenêtres donnent à seulement 10 mètres sur sa salle de bains, entre deux immeubles, condamnant délicieusement la perspective… Le Noir est somptueusement et à vrai dire un peu négligemment paré... de sa serviette de bains en ce premier été, dans cette nouvelle ville, pour cette nouvelle vie. Juste devant sa fenêtre, un toit complaisant laisse deviner le sommet fourni de son anatomie. Pour Zobia, en quête de repères, végétation est synonyme d’intangible renouveau.

Noir intense et sombre de sa peau vierge, car il se croit seul, dans la pleine exubérance de cet été là. Un tapis épais de peau de zébu orne magnifiquement le sol chez lui, lorsqu’il se caresse d’une main soigneuse.

A l’automne qui suit, une incroyable magnificence s’offre aux yeux de Zobia, l’humeur chamarrée du Noir passant de l’ardeur solitaire intense au rouille sombre des ébats charnels, dualités flambantes de roses et des jaunes d’or de cette blondasse qu’elle rage de ne pouvoir remplacer.

Ce flamboiement s’étiole comme une pelade avec l’hiver, par manque de lumière, obscurité que Zobia scrute avec un mélange de fatalisme et d’espoir : Grâce au chauffage central, et à EDF, le Noir sera nu encore, mais aux éclats plus ambrés que noirs. Elle ne va pas le regretter car au printemps…... Au printemps, sa vitalité se fait plus élégante, plus tonique encore, sa branche serpente lentement vers elle dirait-on, conquiert jusqu’à la folie ses yeux et ses sens, virilité mue par la sève printanière.  Zobia guette chaque nouvelle poussée, beau nœud fragile et mais trop lointain, dont elle a été jusqu’à surveiller la turgescence avec ses jumelles, incroyable tendreté… Une confirmation citadine du vit qui revient.

Souvent Zobia plonge son regard pour puiser au travers des vitrages un repos à son ardeur humide, le ventre à la dérive, aspiré vers le spectre vertical. Et elle s’apaise.

De son canapé, de son lit, elle laisse s’égarer ses mains dans sa touffeur mouvante, tâtonnant pour se libérer de ses nombreuses obsessions, quêtant au dehors un prétexte pour alimenter ses fantasmes, le vent écartant pour elle en vagues successives... le rideau de la fenêtre d’en face.

C’est son jardin sensuel, son contact avec la Nature, avec les muses de ses sens, son réconfort et une motivation pour supporter ce lieu qui abrite l'aridité de sa sécheresse amoureuse.

Cinq cycles de saisons ont passé, l’intangible ne s’est pas démenti. Quelque chose de beau, de vibrant et de stable dans la vie de Zobia…

Un soir à son retour, l’inimaginable : des volets ont été posés. Etanchement. La nouvelle est si choquante, obscène même, qu’elle ne le croit pas, adossée à sa fenêtre aveuglée !

Elle a ouvert sa porte, et elle l'a « vu ».
Nu.
Noir.
Excité.
Enthousiaste.
Un homme fougueux...


Tu as bien fait de rester, Zobia.

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(NDLR : Toute ressemblance avec la note précédente... etc.)

mercredi, 15 novembre 2006

Le Mur

Dès sa première visite, Zélia le repère. Il lui a tapé dans l’œil. De l’autre côté de la rue. Bien habillé, de saison. Il est là, il s’impose.

Sans lui pourtant elle ne l’aurait peut être pas choisi, cet appartement. Ça a été l’un des signes encourageants qui lui ont soufflé un petit « oui », malgré sa détresse, son épuisement et toutes les lourdes responsabilités dans cet engagement. Poser ses cartons en un lieu porteur d’un « possible », malgré la folie ambiante.

Elle l’avait vu comme un signe de vie, un feu vert…

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Vert. Le Mur.

Parce que s’il bouche la vue que Zélia aurait espéré de ses fenêtres à 50 mètres entre deux immeubles, condamnant la perspective, Le Mur est somptueusement paré de vert en ce premier été, dans cette nouvelle ville, pour cette nouvelle vie. Juste devant lui, un toit complaisant laisse deviner le sommet feuillu d’un marronnier. Pour Zélia, en quête de repères, végétation est synonyme d’intangible renouveau.

Vert intense et sombre des feuilles de la vigne vierge dans la pleine exubérance de cet été là. Un tapis épais de feuilles que le chaos de la nature a ordonnancées comme peignées d’une main soigneuse.

medium_tricuspidata_purpurea.jpgA l’automne qui suit, une incroyable magnificence s’offre aux yeux de Zélia, camaïeux chamarrés passant du vert intense au rouille sombre, vers les roses improbables et les jaunes d’or.

 

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Ce flamboiement s’étiole comme une pelade avec l’hiver, par plaques, que Zélia scrute avec un mélange de fatalisme et d’espoir : Le Mur va être nu, noir, sombre, elle va l’ignorer car au printemps…

 

medium_vert_tendre.jpg... Au printemps, ses lianes élégantes serpentent lentement, le conquièrent à nouveau, mues verticalement par leur sèvre printanière. Zélia guette chaque année les nouvelles pousses, petits bourgeons fragiles et minuscules un peu trop lointains dont elle a été jusqu’à surveiller avec des jumelles le vert d’une incroyable tendreté… Une confirmation citadine de la vie qui revient.

Souvent Zélia plonge son regard noir, le cœur lourd, accaparée, au travers des vitrages, pour reposer son âme sur le tapis vertical de verdure. Et elle s’apaise.

De son canapé, de son lit, elle laisse s’égarer ses yeux sur la surface végétale et mouvante, lorsque assez libérée de ses sombres pensées d’alors, ou cherchant au contraire au dehors un motif dérisoire d’espoir, le vent agite pour elle en vagues successives le feuillage.

Zélia savoure au dessus du Mur un nuage, un peu d’azur, la lueur nocturne de la ville, une lune placide, quelque chose qui fasse contrepoids à sa pesanteur intérieure, à la touffeur cloîtrée d’une prison protectrice des dangers du monde extérieur.

C’est son jardin visuel, son contact avec la Nature, avec les saisons, son réconfort et une motivation pour supporter ce lieu qui abrite sa survie.

Cinq cycles de saisons ont passé, l’intangible ne s’est pas démenti. Quelque chose de beau et de stable dans la vie de Zélia…

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Un soir à son retour, on lui a annoncé l’inimaginable : la vigne vierge aurait été arrachée. Entièrement. La nouvelle est si choquante, obcscène même, qu’elle ne le croit pas.
Et elle l’a « vu ».
Nu.
Noir.
Absurde.
Monstrueux.
Un mur de prison.


Il est temps de partir, Zélia.

mardi, 14 novembre 2006

Aux Phares dans ma Tempête...

Nouvelle -édition-dédicace, à ceux qui m'accompagnent dans mon cheminement, où qu'ils soient...
 
 
 
12 Janvier 2006

Aux Phares dans ma tempête 
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A tous ceux qui ont approché mon âme dans le noir
ces derniers temps, et redonné de l'espoir...
Su y voir la lumière et la chaleur,
bien planquées derrière les blessures,
et quelques trésors masqués, immatures…


Qui peut être vous y êtes un peu réchauffés,
et qui ont eu envie de cheminer à mes côtés
attentifs, comme on le fait l’œil en coin
protégeant un peureux jeune poulain
dont on perçoit les potentiels, que lui seul ignore...


J'ai à donner, beaucoup, aujourd'hui et demain...
juste que je n'ai pas trouvé mon île au Trésor,
trop occupée à souquer, à écoper, pas pu mouiller l'ancre encore,
J'ai à donner de moi et ma sève, et mon goût
c'est qu'à mon contact on retrouve du doux.


Douillettement de moi j’aime faire le don !
je crois qu’un puits d’amour inépuisable, et plein de bon
plein de mes dons et de ma généreuse intuition
attend le déclic magique, cette alchimie qui n’est pas écrite…
Mon coeur est trop gros, et vous me l'allégez vite,


Car grâce à vos sonars
je peux dedans y voir,
et je découvre dans vos regards
tendres et affectueux, que pour la vie je peux
m'épanouir et me redresser me mettre debout, et prouver...

Que revenant de territoires desséchés et étroits,
le vie est puissante, surprenante et ineffable,
- et continuer - car même au coeur de la tempête
quand on croit sombrer, un phare brille indiscernable
juste cette foi insensée, de croire que le port est quelque part…
 

Que de tout cela peut émerger un sens, une richesse.
A vous qui n'êtes pas passés
sans me regarder et sans vous arrêter
à vous qui avez été touchés par ma quête,
ma fraîcheur et tout ce qui peut me faire aimer…


Vous qui m'avez donné la main, caressée furtivement,
un présence, un mot, un geste, un regard…
Vous qui êtes si présents à mon coeur qui met pourtant
tant de hâte encore à se sentir abandonné…


Merci d’être là, je vous aime.

mardi, 24 octobre 2006

La danse de la plume Fée tarde...

Avec l'exhumation du poème grivois qui précède, j'espère ne pas avoir effrayé ou désagréablement surpris (j’assume !) mes lecteurs accidentels et même les intentionnels, d'autant que je dois avouer en avoir commis un certain nombre, dont une bonne partie est soigneusement cachée aux tréfonds de mon ancien blog... Un seul est légèrement lyrique, mais j’implore votre clémence, je croyais que j'étais amoureuse ! C'étaient d’autres temps, ceux où je hantais un forum avec une bande de comparses, dont je me suis un peu totalement éloignée pour m'aventurer seule sur un blog… et dans ma vie tout court. Besoin de faire ma route seule, trop de souffrances, besoin d’aller au bout de ce chemin là, cette route solitaire et sauvage que j’ai empruntée. Si La bande à Bubu se manifeste avec discrétion m'a complètement abandonnée pour me laisser naviguer en solitaire, ça a été un véritable deuil de les quitter, surtout lui qui a su m’écrire ça. Et je sais que si je revenais à lui, notre amitié reprendrait comme avant, mais "avec" la troupe...

Et puis quoi ! Depuis j'ai chopé le virus de la blogosphère, d'autant plus que grâce à elle, je croise d'autres personnes fabuleuses, et hors toute ghettoïsation !

Je pense que je pourrais avec beaucoup de plaisir pondre à nouveau ce genre d'impertinences, mais c'est plus sympa d'avoir des interlocuteurs pour ce genre de choses : vous conviendrez que ces choses là, ça se fait à deux... enfin à plusieurs, quoi !

Style littéraire à creuser, la prose érotique ? C’est une envie, une piste envisagée que j’ai un peu abandonnée, mais j’en ai d’autres, alors ? Les contes pour enfants, les poèmes, une autobiographie… Témoigner surtout de mon improbable parcours, rassembler en manuscrit mon ancien blog et celui-ci (un sacré taf !)… Et puis j’ai un projet depuis un an qui va prendre forme : je vais commencer à me faire « Raconteuse de vies », j’ai déjà des candidats et dates… Je commence début décembre.

J’ai puisé ma meilleure encre dans ma solitude, dont j'ai lu quelque part qu'elle était la meilleure compagne en l'occurence, ces déserts arides où se fait entendre le cri intérieur, avec pourtant – et j’en suis encore toute étonnée, quelques lueurs dans mes tempêtes où les premières vraies rencontres apparaissaient dans ma vie…

Alors maintenant, ici ?

Je ne vois plus comment intervenir ici, j'en trouve peut être moins le besoin, celui de venir m'y voir vivre puisque je me sens vivre en "vrai", venir y déposer mon quotidien, mes angoisses, mes cris et ma solitude...
Mais si je peux parfois, je viendrai lâcher ici avec mes mots mon vécu intérieur, oui... Parce que j'en aurai besoin peut être encore, de vous laisser à lire de mes tempêtes étouffées...

A vrai dire ma formation me prend énormément, de plus en plus, et je ne m'en plains pas, au contraire : c'est un bonheur, le but de ma vie qui se concrétise... ce qui implique réviser mes notes de cours, les organiser, les recopier, potasser des ouvrage techniques, philosophiques et théoriques, et ce seule ou en groupes de travail...
Autre cadeau : le directeur et responsable pédagogique de cette Ecole de formation, me propose d'être "la" secrétaire... Je vais être de plus en plus prise par cette activité fédératrice et logistique proche de mon Formateur & de mes compagnons&nonnes de formation (ce qui m'ancre un peu plus parmi eux, me légitime et m'offre une sécurité financière face à cette formation coûteuse, mais uniquement face à celle-ci).

medium_Peinture_Adrian_Ciobotaru.jpgVoilà… allez, une dernière petite recette pour la route ?

 

 

 

 


 A bientôt….

dimanche, 22 octobre 2006

Pour certaines curieuses...

... et sans transition !



Nouvelle cuisine et mijotages


Chers amateurs de bonne chair, ne vous méprenez pas :
Aux gourmettes : plutôt les petits plats !
Car la gourgandine de la foufoune,
Des grandes bouffes, se détourne.
De fines recettes elle mijote, son appétit fignole.

Elle aime aussi savourer amuses gueules,
Rester sur saveur, conserver arrière goût,
Faire durer l’impression, arrêter le temps,
Couvant à travers ses cils l’appétit de son amant.
Pas folle la guêpe, elle soigne ses atouts…

Quelques coups de langue elle distille,
Et résolument elle astique des papilles
Autres outils que fourneaux, et bien moins encombrants !
Et qui touillent et brillent aussi, et bien plus amusants !
Et lorsque à la tâche le marmiton fléchit,

Point de bois vert pour attiser l’outil :
Un zeste de rimes scabreuses,
Une pincée d’œillades allumeuses,
Une hygrométrie avantageuse, tétons pointés en fusils,
Et savoir presser les tites noix (éviter la moulinette !!).

Trémoussements, glissades abruptes et galipettes,
Quelques mots égrillards pour pimenter l’ardeur,
Quelques perles de sueur, pour lui saler l’humeur …
Renversements, voire petits fouets, l’émulsion s’affine.
Ainsi l’on initie l’apprenti cuistot à la « nouvelle » cuisine !

 

Le 30 juillet 2005

vendredi, 20 octobre 2006

Remix du vilain petit canard, version Tortue

« La Tortue-Spéciale »

Version n° 2, écrite pour trois enfants importants pour moi...

*^*^*^*^*^*^*^*^*^*^*^*^

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Il était une fois une drôle de Tortue. C'était une Tortue-Spéciale, elle était unique en son genre, unique au Monde.

Lorsqu'elle était petite, sa maman, qui était tout le temps fatiguée et trop occupée dans leur trou de sable avec ses autres soeurs tortues, lui disait toujours en se plaignant : « Tortue, tu es Spéciale, tu es lente, maladroite et paresseuse », et tu n‘avances pas comme je veux.

Alors elle s’isola, et devint encore plus lente, visiblement maladroite et vraiment paresseuse, parce qu'elle croyait toujours sa maman. Elle devint aussi très Spéciale et je vais vous raconter comment et pourquoi.

Je dois vous dire qu’elle était très peureuse, car comme elle avait dû se défendre seule très tôt, elle avait appris à avoir peur de tout et de rien. Elle ne savait pas bien si elle avait de bonnes raisons d’avoir peur, ou si c’étaient des peurs qu’elle inventait, des peurs imaginaires. Parfois même elle se faisait peur toute seule ! Mais Dame Nature, son amie secrète de toujours, une Fée-Marraine qui s’était penchée sur son berceau de Tortue, lui avait fait don d'une somptueuse carapace afin qu'elle puisse se protéger en dessous.

La Tortue-Spéciale faisant parfois confiance aussi en Dame Nature, elle se servait très souvent de sa carapace. C'est à dire que La Tortue-Spéciale rentrait précipitamment sa tête dans ses épaules sans prévenir, et puis ses pattes aussi, et se transformait en Statue-Tortue. C’était très étonnant pour les animaux qui l’entouraient. Seule sa petite queue dépassait derrière elle, mais elle ne s'en rendait pas compte... Parfois un Hérisson ou un Oursin passait trop près et oubliait un piquant, ou un Goéland picorait de son bec, ou une autre Tortue la mordillait, mais elle supportait courageusement, et puis ça ne lui faisait pas très mal.

Quand elle se cachait ainsi pour se rassurer, elle était dans le noir et ne voyait plus rien autour d'elle, vous vous en doutez. Mais comme vous vous souvenez elle était « Spéciale ». Elle était ingénieuse, et mit au point un système de miroirs, de périscopes et de rétroviseurs, ainsi elle évitait à peu près les trous sur le chemin, et les coups qui partaient de derrière : - « on n’est jamais à l'abri d'un coup bas », avait-elle coutume de dire. Et elle savait de quoi elle parlait, car elle était très basse, très près du sol avec ses courtes pattes.

Elle était d'autant plus près du sol qu'à une époque, elle s’était mise à grossir énormément, et je vais vous expliquer pourquoi : elle avait compris que sa carapace ne lui suffisait pas pour la protéger parce qu’elle avait trop peur, alors elle gonfla, gonfla, gonfla... ainsi, elle se mit à devenir imposante et majestueuse, et cela intimidait certaines de ses congénères. Le souci, c’est que si son corps grossit, ses pattes ne grandirent pas ! Elles étaient trop courtes, et battaient l’air inutilement (ça n’étaient pas des ailes !) !

Elle oscillait donc sur son ventre rond, tanguait au gré des bourrasques du vent furieux, semblait perdre l’équilibre quand elle trébuchait sur un gros caillou, et ployait très bas sous les coups de carapaces des autres tortues qui passaient trop près d’elle.

Mais après chaque coup, après chaque bousculade, elle se retrouvait debout, elle se redressait bien droite. Elle ne tombait jamais complètement et se relevait toujours...

Figurez vous que notre Tortue-Spéciale s’était transformée en Tortue-Culbuto !

Ainsi, petit à petit, elle devint moins peureuse.

De plus, elle avait prouvé au Monde entier qu’elle n’était plus « paresseuse », car ce fut un énorme travail de se transformer en Culbuto !

Mais imaginez ce qui se passait lorsqu’elle voulait se déplacer ? Son gros ventre qui traînait par terre l‘encombrait, elle était encore « maladroite » comme disait sa maman autrefois, elle n’arrivait pas à marcher avec ses pattes trop courtes. C’était une chose que de se relever sous les chocs, mais il lui fallait aussi se déplacer, pour chercher de la nourriture ou aller se baigner ! Quand elle nageait dans la mer au contraire, ça n’était pas un problème, elle flottait encore plus gracieusement depuis qu’elle avait grossi ! Certains poissons ne la lâchaient plus d‘une nageoire, car elle avait la réputation d’être très fiable et insubmersible, même si parfois elle buvait la tasse ! Ça arrive à tout le monde, même aux tortue marines.

Finalement, non seulement elle n’était pas « maladroite » au sol, mais très astucieuse et même habile... Elle inventa un étrange mécanisme de « planches à roulettes » (le monde entier la copia, et donna même à son invention un nom anglais : les « skate-boards ») qu’elle plaça sous ses pattes ! C’est à compter de ce jour qu’on l’appela aussi : « Tortue-Trottinette » car elle trottinait toujours, de ci et de là, se relevant et avançant obstinément malgré les obstacles, au gré des vents, cahotant à son rythme, avec la pugnacité propre aux Tortues, roulant aisément grâce à ses trottinettes.

Et c’est là qu’elle comprit que sa « lenteur » était une qualité : en fait elle était « prudente », elle regardait où elle posait ses roulettes, et n’avançait que lorsque le chemin était libre, en évitant les bolides, les Tortues-turbo, et les chauffards comme les Lièvres. Même certains Escargots allaient plus vite qu’elle ! Mais elle avançait doucement mais sûrement. Et surtout, dans les descentes, elle était plus rapide que tout le monde ! C’était une championne de l’équilibre !

Elle était vraiment très Spéciale, cette Tortue-Trottinette-Culbuto !

Solitaire mais forte de ses différences, unique au Monde, elle partit ainsi à la découverte du Vaste Monde pour de grandes aventures...

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mercredi, 30 août 2006

Un chagrin

J'ai eu un fils
j'étais une enfant.
J'ai eu un fils,
il y a 35 ans.
J'ai eu un fils
ma vie l'a écorché.
J'ai eu un fils
qui n'a eu que sa mère
comme repère,
et ses nourritures toxiques.
J'ai un fils, à distance kilométrique
Et je suis triste :
il est venu la semaine dernière
il ne m'a pas rendu visite.
Il se protège à sa manière
de sa mère,
romp loyautés & repères familiaux
pour sauver sa peau.
J'ai un fils
et j'ai du chagrin
j'ai mal à lui
il est si beau.
J'ai un fils,
j'ai mal au lien
si mal construit.
J'ai un fils
mais j'ai du chagrin,
tellement, et sans fin...
tant envie qu'il aille bien,
mon Fils, comme pour sa demi-soeur,
Je suis impuissante et simplement je pleure.


Ô larmes qu'il vous entende enfin
Mon fils, dans ce chagrin sans fin,
Qu'elles t'apportent force et soutien,
Ces mots interdits à entendre :
Saches tout l'amour blessé et tendre
Que j'ai pour toi, Sébastien.

lundi, 28 août 2006

Conte : La Tortue Spéciale

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Il était une fois une drôle de Tortue.

Elle avait pas mal traîné sa carapace de ci de là, dans les marécages et sur les rivages glauques. Il y eut quelques beaux moments, sur des rivages lumineux et ressourçants, mais trop rares. Pourtant c'est peut être grâce à eux qu'elle ne trépassa pas si tôt.

Sa carapace portait toutes sortes de marques mais elle ne les sentait plus toutes. Certaines étaient encore fraîches cependant elle avait développé une aptitude innée à la cicatrisation. Elle avait flotté sur les crêtes acérées de moultes et terribles tempêtes, sombré carapace et biens puis surnagé, et ainsi testé la capacité flottatoire de cette fameuse carapace pleine de rustines.  Sur terre ferme, elle avait aussi des dons de culbuto, mais elle mit très longtemps à le savoir.

Elle avait eu la naïveté de croire (elle était candide) que sa carapace la protégerait des coups du sort, et ce qu’elle avait mis très longtemps à comprendre aussi, c’est que les coups venaient plutôt par en dessous. Ou par derrière. Et en dessous… cher lecteur, elle était faible, vulnérable, blessée, tendre, molle et douce, et dans un grand besoin de réconfort.

Elle était née dans une couvée qui n’en était pas une, sitôt pondue, elle avait été livrée à elle-même et aux éléments déchaînés de la vie. Depuis, elle n’avait eu de cesse de trouver l’île, la communauté, ou les congénères qui allaient lui apporter enfin le réconfort et la sécurité qu'elle n’avait pas eus aux moments si vulnérables où elle en aurait eu si besoin, à la merci des requins, goélands et autres prédateurs. Elle était prête à tout, même à s’alliéner avec d’autres espèces et nourritures inadaptées, pour s’aider à supporter son infinie solitude et sa grande détresse.

Ça n’étaient pas les mâles, géniteurs ou non, de passage qui avaient apporté le moindre réconfort à notre Tortue. Ils s’en étaient allés comme ils étaient venus, mais il en fût pourtant un qu’elle invita imprudemment à rester une bonne vingtaine d’années (mais qu’est-ce que 20 ans sur une tortue centenaire ? Un cinquième de sa vie ? Oui, mais certaines années chez les tortues pèsent plus lourd que les autres dans la balance) car la Tortue voulut croire, parce qu’elle était désespérée, qu’elle procéderait comme certaines autres espèces insolites : avoir un compagnon à vie. Elle croyait aussi que les "bonnes" Tortues mâles n'existaient pas, ou bien qu'elle n'y avait pas droit du tout, elle, car très tôt on lui avait asséné qu'elle était le Vilain petit canard de la couvée de Tortues.

L’erreur lui fut presque fatale, ce mâle était de l’espèce des tueurs déguisés en gentils très souffrants, elle n’eut donc de cesse de s’occuper de lui, au lieu de s’occuper d’elle. Plus il était malade, plus ils sombraient tous deux avec leur petit, dans les fonds bourbeux où l’oxygène se faisait rare. Les opportunités de remonter à la surface pour reprendre son souffle devenaient inexistantes. A cette époque, elle buvait la tasse fréquemment, à très forte teneur en alcool, distillée par une source obscure tapie entre deux algues. Elle mit très longtemps à comprendre qu'elle s'empoisonnait à petites goulées, et renonça à la source qui ne l'euphorisait même plus.

Lorsqu’elle passa très près de la mort, menacée par son faux compagnon de vie, elle en était à la moitié de sa durée de vie déjà, elle eut un sursaut et donna un grand coup de carapace (c'était donc une arme aussi ?) à son bourreau en chair et en carapace, pour le bouter loin, mais elle ne se débarrassa pas pour autant de son bourreau intime, celui qui sévissait encore sous sa carapce, au fond d'elle même. Ça n'était pas aussi simple.

Sa carapace la protégea un temps, car elle pouvait s'y réfugier dès qu'elle avait peur, et elle était excessivement peureuse. Elle mit très longtemps à s'en rendre compte et à l'admettre. Sous sa carapace, elle se sentait enfin comme dans le sein d'une mère fantasmée, mais le souci dans ces moments là, et ils furent nombreux, c'est qu'elle ne se nourrissait plus, ne s'occupait plus de son petit, et surtout, n'avançait plus ! Ça lui arriva même de couler ! Et puis sous sa carapace elle se sentait très seule, et se retrouvait avec ses démons intimes et son bourreau intérieur.

Elle se mit alors à nager et à marcher de traviole, en biais, sur le dos, elle testa la nage du canard, sur deux pattes, de guingois, elle s'enterra, s'entraîna à l'apnée, la tête en bas, à cloche pieds, avec des béquilles, ou un tuba pour respirer un peu en position acrobatique, et à terre avec des roulettes, (elle était assez ingénieuse) et put ainsi se laisser rouler car elle se sentait si lasse que même ses pattes ne la portaient plus.

Ainsi, cahin caha, elle survécut quelques années supplémentaires.

Épuisée par toutes ces nombreuses et courageuses tentatives de rester à flot, elle se rendait bien compte que ça n'étaient qu'emplâtres sur pattes de bois, elle alla trouver une Tortue dont on disait qu'elle savait de quel mal elle souffrait. Elle se rencontrèrent régulièrement et notre Tortue commença à redresser le cou, qu'elle avait fort long (c'était l'une de ses fiertés inavouées) et à trouver sa carapace moins lourde. Elle ouvrait ses yeux (bleus, ce qui prouvait qu'elle était une tortue génétiquement mutante) de plus en plus sur les causes et les solutions à toutes ses tracasseries, misères et souffrances.

Elle commença à accepter que si elle voulait devenir une belle tortue centenaire digne de ce nom, fière d'assumer ses différences, ses cicatrices, ses gnions en dedans et son regard étrange sur les choses et sur les autres, elle devrait faire sa route toute seule, au travers des océans et des continents.

Elle partit donc seule, petite coque flottante, faire son tour du monde initiatique, découvrir d'autres contrées. Petit à petit, des compagnons de tour du monde, eux même en quête, s'adjoignirent à elle lors de ses étapes. Chaque contrée découverte, même et surtout douloureuse lui apprit quelque chose sur elle. Et elle souffrit beaucoup lors de ce très long voyage. Mais elle se sentit grandir et ses forces revenir petit à petit. Elle commençait à comprendre pour quoi elle était restée malgré tout en vie, ce qu'elle avait à faire maintenant de tout cela, transmettre son savoir et son expérience à d'autres Tortues-vilains-petits-canards, et s'acharna un peu maladroitement à reprendre des forces et à se consolider pour y arriver, et se sentir digne et fière d'elle. Elle était la Tortue qui voulait se faire aussi lumineuse qu'une Fée.

C'est à ce moment là que nous l'avons rencontrée, quelque part sur la planète Terre. Nous l'avons trouvée attachante.

C'était une drôle de Tortue. Elle avait pas mal traîné sa carapace de ci de là qui portait toutes sortes de marques....

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