samedi, 30 décembre 2006

De l’égotisme éclairé

… Ou le don du temps.

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Une amie m’a donné un texte magnifique, Apprendre à mourir, d’un moine Bénédictin, le père David Steindl-Past qui dit que : « Il ne s’agit pas de prendre mais de donner du temps. Le loisir est la vertu de ceux qui donnent du temps à tout ce qui en prend – et autant de temps que cela prend.»

Je suis en train de donner du temps à ma vie. De me donner le temps de mettre un regard de bonheur sur ma vie.

Le philosophe Alain a écrit dans Propos sur le bonheur :
« Ce que l’on peut faire de plus pour ceux que l’on aime, c’est encore d’être soi-même heureux. Ainsi l‘on offre en cadeau à nos proches la présence de quelqu’un d’épanoui, au lieu de les écraser sous notre dévouement et notre sacrifice. Notre soleil les réchauffe. Il ne s’agit donc plus seulement d’un "droit au bonheur" mais bien d’un "devoir au bonheur"… »

Ok. Du bonheur ? Facile à dire…

medium_en_plongee.jpgJ’avoue traverser une période d’égotisme effréné, et ne pas éclairer grand-chose dans mon entourage. A part mon bocal vital qui prend enfin un peu réalité. Mon urgence actuelle c’est :
« Je me donne à moi-même ce que je ne me suis jamais donné, je laisse de la place à ce qui n’en a jamais eu, j'investis ma bulle, et ça prend du temps ».


Pas de place donc - ou presque pas - pour autrui à ce stade de ma croissance... Et accepter cet état de choses transitoire, quelle que puisse en être la durée. Sans culpabiliser…

Facile à dire donc, car fidèle depuis que j’ai arrêté de boire à l’adage biblique « aide-toi, le ciel t’aidera », j’apprends à prendre soin de moi. Et le ciel s’entrouvre…

Facile à dire d’autant que…

Ya un signe infaillible : depuis peu, à chaque fois que j’ébauche intérieurement le projet, ou que l’on me formule la demande de ne faire qu’envisager d’être gentille ou de rendre service, j’ai une véritable angoisse – forte - qui monte de très loin. Et chaque fois que je suis désagréable avec des proches (selon mes critères auto-jugeants), en posant mes limites style hérissonne, medium_herisson-passion.jpg
(ce que je soupçonne être une forme non aboutie de mes vrais besoins, d’où la maladresse flagrante) dès donc que je m’impose ou que je pose mes limites, celles de mon territoire encore à vif d’aujourd’hui en tout cas, je me sens vraiment très sereine quoique légèrement asociale-de-mauvais-poil (étrange coktail, j’en conviens, mais qui me fait jubiler marrer intérieurement tant c’est anachronique quand on m’a connue !). Bon. Donc case phobique socio-tous-azimuts. J’assume.

Le père bénédictin dit aussi ceci auquel je crois d’expérience vécue : « Chaque fois que nous nous donnons à la chose qui se présente au lieu de l’empoigner et de la garder, nous avançons avec elle. », et « nous donner à tout ce que nous vivons, c’est l’attitude qui infuse un sens à notre vie. »

Moi, j’ai besoin de me laisser de la place pour donner un sens à ma vie, et de cultiver le petit jardin que j’ai découvert et qui me nourrit depuis peu… car depuis peu mon existence prend quelque consistence...

Donc, s’il est vrai que « nous souffrons de la distance entre ce que nous sommes et ce que l’on nous a dit d’être », j’ai du temps à consacrer pour réduire cette distance, afin de moins souffrir, de dépenser moins d’énergie à résister à l’inéluctable réalité de mon être, et d’être en accord corps et âme (émotions, mental, corps) avec celle que je suis vraiment, ma quintessence, plus de puissance, de lumière et d’énergie que j’irai tourner vers l’Univers.

Si comme je le crois profondément, je ne puis donner à autrui que ce que je me suis déjà donné à moi-même : comment donner par exemple des « Free hugs » - de l’amour gratuit en somme - lorsqu’on ne s’est pas déjà donné de l’amour à soi-même ?

Et pourtant… en en donnant on en reçoit ! Alors ?
Et pourtant… je crois avoir à donner, oui… Alors ?

medium_tortue_et_hyppopotame.2.jpgAlors rien n’est figé, rien ni personne n’interdit de s’enhardir en terrain inconnu, de braver les peurs et de s’aventurer là où l'on croyait ne pas pouvoir se risquer…

 

Et puis aussi, la Nature nous dicte : une saison pour chaque chose. Un temps pour labourer, un temps pour ensemencer, un temps pour arroser, pour laisser croître, pour fertiliser, puis pour récolter… Et le cycle recommence, sur les grands courants profonds de la vie comme sur les choses plus en surface, sur toutes les échelles du temps, à tous les stades de la vie, et pour toutes choses.

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Une amie me disait : « Peux-tu cueillir une fleur si tu ne l’as pas laissée pousser ? ».

mercredi, 27 décembre 2006

Boxer ? Boxer... ou Boxer !

Bientôt "on" adopte un nouveau mâle chez moi...
Ai-je le choix ? Je crains que non : 

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ou...

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 ou...medium_mormeck-with-belt-small.jpg

 

 

Il va y avoir du... sport !

... Et du harcèlement sous mon toit jour et nuit, des sommations de s'adonner à des jeux aussi improvisés que débridés, de se faire mordiller et léchouiller à toutes heures, ainsi que de devoir montrer qui domine séans, de la maîtresse ou du futur envahisseur...

A bientôt pour de nouvelles - et très prochaines - tribulations domestiques !!

mardi, 05 décembre 2006

L'autre voix dedans

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Aujourd'hui je découvre le bonheur de rester sans voix.
Aujourd'hui je découvre que voir l'Autre, c'est L'AUTRE moi.

Aujourd'hui j'ai une rage de dents.
Aujourd'hui j'ai une rage DEDANS.

 

 

 

 

 

mercredi, 08 novembre 2006

1, 2, 3... soleil !

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dimanche, 29 octobre 2006

Le long passage du gué

1 AN déjà...

Quand j’ai ouvert un blog,
ce fut d'abord
un CRI
:

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Le cri de Tortue s'est d'abord intitulé « Un cri dans l'univers : Monologue pour de l'Amour », je ne m'étais pas trompée, c'est la fonction qu'il a eue. Son sous-titre actuel : « Mettre en images et en mots mon paysage intérieur : en faire du beau et de l'utile, un jour... » étant survenu au bout de 6 mois, influencée ? encouragée par un lecteur, et par souci de cohérence car c'est vraiment là que je voyais mon désir poindre, derrière le pathos.

Il a eu aussi pour fonction de me détacher de relations virtuelles débordantes dépendantes douloureuses, comme je le disais (je m'étonne !) il y a un an : « je veux cesser d'attendre trop des autres... » c'était une superbe intuition, ce texte, car en le relisant je réalise que sans le savoir je connaissais déjà la piste qui me sauve, aujourd'hui-que-j'ai-mes-yeux-de-l'intérieur un peu plus ouverts...
Et je suis fière, et cela est profondément rassurant pour moi de voir que « JE » porte en moi la source profonde et pure de ma vie, que j'ai trouvé ma perle dans son écrin, que « JE » me sauve du désespoir et du gouffre dans lequel j'avais sombré la vie m'avait précipitée.

Je me sauve accompagnée certes, mais SEULE. C’est ma victoire à moi toute seule, néanmoins si je n’avais pas été accompagnée, ça aurait été plus lent, plus douloureux encore, et peut être même ne serait-ce jamais survenu, car je continue de penser que je ne suis pas passée loin cette année de mettre un terme définitif à mes insoutenables souffrances.

En parcourant ce texte d'il y a un an, je me dis que j'avais déjà les outils, les soutainements et les armes en moi, mais que je ne le savais pas... Je disais : « je confonds amitiés et/ou relations virtuelles avec exutoires… » c'est pas beau ça ? Et encore, et surtout : « Ouvrir ce blog, pour ne pas peser sur autrui, et pour ne garder de mes liens avec [mes amis de l’époque] que le meilleur, le plus nourrissant… ». Je sais surtout depuis le stage sur mon Clown intérieur et mes récents pas de géants combien ces propos étaient prémonitoires, annonciateurs de ma Vérité, celle qui allait me sauver. Me sauve.

 

medium_sec_inondations.2.jpgSi je m’en réfère à l’axiome Fée-noménal : « Quand la coupe est pleine, elle déborde », il s’agit ici de se montrer, s’étaler, se répandre, prendre de la place au monde, prendre de l’importance... Peut être se débarrasser des limons ? Parce dans mon contenu habituel je ne pouvais plus (isolement, phobie sociale, ruptures des liens familiaux, deuils & reconstructions tous azimuts).

Me répandre c'était, et ça n’est déjà presque plus... mon tsunami à moi, oser prendre une place débordante, me trouver belle en ce miroir, oser investir un nouveau lieu à moi seule, me voir exister, et lancer un appel qui était celui d'un nourrisson à sa mère, ce cri qu'elle n'a jamais entendu et qu'elle n'entendra jamais : d’en faire le deuil.

 

medium_verre_trop_plein.2.jpgEt plutôt que d’inonder n'importe quels lieux (la coupe était trèèès pleine !), d’autres gens, ou de me noyer moi, et ma thérapeute ne suffisant pas à cet usage, et les êtres avec lesquels je créais du lien n’étant pas là que pour ça, mais aussi pour des missions autrement plus élévatrices et créatives, je débordais donc ICI… Peut être aussi avais-je besoin d'aller chercher quelque chose au fond de la coupe ? De recracher ce trop plein inutile quelque part pour toucher un peu plus au sec à l'essentiel ?

De tenter une dernière fois encore, de façon publique, d'appeler à l'extérieur de moi ce qui était en moi ?

 

Alors qu'à présent le signe de ma nouvelle vie, celle que j’apprends jour après jour à investir : ce qui va vraiment me nourrir est une nourriture d’adulte, des relations adultes et autonomes, heureusement avec du sacré et de magie !

 

medium_calin.3.jpgMais que c’est difficile à apprendre ! Parce que la petite fille qui a envie d’être câlinée est toujours là et cohabite, parce qu’avoir envie de tendresse est légitime et humain, parce que… parfois j’aimerais m’abandonner un peu… Etre rassurée, me lover en un lieu de sécurité...
Je n’ai que cette femme aveugle que je vois tous les 15 jours pour le vivre et encore, je vois que je n’arriverai pas à financer et ça et ma fin de thérapie (et le début de la nouvelle) et ma formation, avec ce qui reste de mon pécule. Et point de mec probable à l'horizon cela va de soi.

 

A présent je vois plus clairement cette fonction de déversoir solitaire qu'est le journal intime bloguesque, qui finalement a été l’une de mes premières annonces intuitive d’intentions, il y a un an… comme quoi je savais déjà ce que je venais faire ici, la rage aux tripes. Je suis stupéfaite ce matin de constater ma cohérence, et ma fidélité à ma bonne voix, parce que moi j'avais le ressenti trompeur d'avoir uniquement vécu morts et mille tourments insondables, une traversée du désert dans un tourbillon de confusion, de partir dans tous les sens et surtout là où je pouvais en fait, et de simplement survivre dans une tempête, une traversée du Cap Horn. Actuellement, j'apprends que je me suis vécue intérieurement avec une violence douloureuse inouïe, alors que je suis [j'étais déjà] porteuse d'une autre piste, en rapport avec les Autres, une autre façon d’interagir dans mon environnement, de tisser du lien, d'utiliser une facette de moi que je montrais mais que je ne me vivais pas, mais que je ne savais pas...

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... Sauf une intuition qui pointait comme le perce-neige émerge et crève les couches glacées et cristallisées à la fin de l'hiver...

 

 

 

Je crois que j’écris un peu tristement cette note ce matin, car je sens que je me détache de ce lieu, parce que probablement j’en ai moins besoin, parce que je n’y ai plus de trash à exposer – ou plus envie, ou moins besoin ? et que les lecteurs se sont faits rares et les commentaires aussi, conséquence logique, constantant toutefois la présence feutrée et chaleureuse de ceux qui sont nourrissants et non dangereux pour moi : j'ai su là aussi utiliser mon "tamis" intime... 

medium_sauveteurs-inondations.2.jpgJe me demande aussi dans quelle mesure tant que j’ai appelé au secours il y a eu des êtres pour y répondre… et c’est un peu difficile de grandir et de voir que lorsque je m’expose en femme qui fait des choix de sa vie, cela suscite moins de réactions… c’est donc que j’ai à accepter que je ne suis plus une petite fille qui s’expose désespérément à quiconque pour glaner des signes de reconnaissance, voire d’amour, mais une femme qui en vient à assumer là aussi que ses choix sont uniques, inreproductibles & solitaires ne nécessitant pas une caution venant de l'extérieur.

J’y vois aussi l’opportunité d’y produire éventuellement des créations plus attrayantes (quelles qu'en soient la nature) littéraires ou autres, mais elles ne sont pas prêtes à mûrir, en gestation (n'est-ce pas, Spleen ?), donc… ? Et ai-je envie de les lancer ici aux quatre vents de la blogosphère, est-ce que ça ne dit pas mon envie de donner plus de solennité, de vie, de passion et de valeur sacrée à mes productions ? en mettant un mouchoir sur l’immédiateté rassurante et réconfortante des réactions d’ici ? Moi l'enfant qui attend toujours cette main apaisante sur ma tête [celle du papa mort de la petite fille ?] pour me dire "vas-y" c'est le bon chemin...

Je pressens que l’écriture créative, quelque forme qu’elle prenne et l’exigent travail d’apprentissage de mon futur métier, ainsi que le relationnel, ont d’autres espaces existants qu’ici, ce qui n’a pas été le cas bien trop longtemps.

Il y a donc d’autres deuils, (grandir c’est faire des deuils) : celui de ce blog tel qu'il a été pensé lors de sa conception, peut être. J’ai autre chose à construire dans ma vie, non pas que je regrette : c’est une belle étape dont je me félicite, une merveilleuse expérience, très enrichissante, qui n’a plus trop sa place à ce qu’il me semble dans mon quotidien, même si je suis encore attachée… Une dépendance ? Pas « QUE ». J’y ai vécu trop de moments fantastiques d’écriture de partages et de Vie tout simplement, et j’ai tout naturellement encore envie d’en avoir ici…

Voilà. Ça n'est pas très confort pour moi de me sentir m’éloigner, de vous sentir vous éloigner et pourtant je sais que ce qui a existé entre nous est impérissable, que ça a eu lieu, que des liens perdurent et seront nourris ailleurs peut être, et que j’ai les traces ici de cette naissance à moi, de ces naissances grâce à Vous-Les-Autres…

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Des instants précieux de vie.
Le passage d'un gué,
Dans le torrent fantasmé :
Des rocs pour poser mes pieds !
Je passe à petits pas de l'autre côté.

OoO 

PS : Je constate que visiblement l'envie de communiquer est très forte encore, et que j'écris toujours comme si ma vie en dépendait...

 

Nota : Source de la 1ère photo : site bouleversant à visiter pour découvrir ce que peut être une vie autrement...

 

lundi, 16 octobre 2006

Patience et longueur de temps...

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Eh bien me voilàààààà, après plus d'un mois sans le net dans les tuyaux chez moi, ça y est ! Et c'est vraiment carrément étrange comme sensation !...
Pas envie de gâcher, ni d'abuser, mais de profiter infiniment des bonnes choses, des bonnes gens... que j'y ai trouvées...

Depuis mon "absence"... ?
J'ai vécu un tas de choses, je suis dans un tourbillon ascendant, un peu affolant mais carrément porteur, le fruit de tant de mois et d'années de combats... ça "pulse" pour moi ! La vie me rend ce qu'elle me doit, peut être bien ? Et je récolte, et je prends... la tête me tourne, je crois tomber tant le vertige me prend parfois, mon avenir se dessine tout au loin, les repères s'ancrent, ma vie prend du SENS... Enfin voilà. Avant j'avais le net mais je ne me sentais pas vivre... Et puis je ne l'ai plus eu, et par traversées successives dont certaines un peu sombres, je me suis sentie vibrante.

Il se trouve que ce servrage aura été d'une incroyable fertilité, pas facile, mais profondément et intimement enrichissant. Je me sens changée dans des domaines essentiels. J'en reparlerai peut être.

Merci à ceux et celles qui ne m'ont pas oubliée. Je vous aime.

Je m'en vais à présent faire la tournée des Grands Ducs et Grandes Duchesses du net-que-j'aime,  afin de présenter mes salutations heureuses de toute jeune connectée...

jeudi, 05 octobre 2006

Big bang

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*

Ça étouffe ça submerge ça coupe les jambes.
La vue se brouille l’horizon se bouche.
C’est une brûlure innommable, elle consume et dévore toute l’énergie disponible, accapare l’espace vital, carnivore. Cannibale.

Ma vie n'a pas de sens mes sens me trompent, les fruits de mes efforts d'hier sont périmés, les fleurs glanées hier sont déjà fanées, le mot espoir est grotesque il n’existe pas dans mon vocabulaire, la lumière vacille elle est trop rare pour s’imprimer dans les pupilles de mon âme.

Mon corps me fait mal.

Une agonie ça se vit.

Je tâtonne d’instinct vers une bouée mais je ne veux plus comme avant ou je ne sais plus trop, les shoots ça ne marche plus aussi bien qu'avant, ça me dégoûte et me lasse ces anesthésiants/stimulants me glissent des doigts les uns après les autres.

Et à cette étape les outils d’ancrages, les repères rassurants sont encore trop rares. Et malgré l’instinct de survie, dans l’agonie plus de place pour la sagesse. Et ça me glisse dessus, et ça ne traverse pas ma surdité, emmurée vivante, coupée du monde. Aveugle comme une taupe je creuse peureuse et palpite à l'affût.

J’accepte d’aller jusqu’au bout de mon asphyxie, un filet de vie chemine en sifflant jusqu’à mes poumons, ça me brûle au passage ce lance flammes, mon coeur cogne et s’affole.

Je m’abandonne à cette consomption : « si j’en crève et alors ? » c’est tout le sens que j’y vois : ça passe ou ça casse.

C’est ce pour quoi je me crois la plus douée aujourd’hui et depuis deux ans : cette angoisse mortelle, finitude dans la souffrance, aller au fond de cette exigeante quête d’absolu : ne pas me mentir je ne peux plus je ne peux pas c’est LÀ et ça ne me lâche pas - plus d’ersatz je dois faire « avec » c’est à moi que ça appartient c’est « moi » c’est mon matériau c’est ce que j’ai à cracher du Mal invisible instillé à la place du lait nourricier, le vomir en solitaire encore et encore. Chaque petit matin, jusqu’à l'apaisement vespéral épuisé.

Je me sens misérable. Je ne me sens pas appartenir dignement à l'humanité.

Et pourtant. Une autre Posture au Monde est possible.

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Une autre « moi » sait à présent que je me trompe de signaux car seule la peur atroce de mourir dans la cage, et surtout l’envie fulgurante de vivre libre dans une prodigieuse explosion de passion créative me meuvent et m’émeuvent !

Juste que de puissantes résistances me freinent encore !

L’essence même de cette agonie c’est la Vie, seule une vivante peut vivre cela : mourir à quelque chose. Pas une morte...

Chacune de ces agonies m’emmène au bout de quelque chose, au bout de moi, au bout du vide, au bout du bout du Néant... mais derrière c’est la Vie qui me donne cette force inouïe de traverser ces crises harassantes, c’est presque inhumain alors que c’est mon humanité exacerbée qui s’exprime dans un cri, en l’irrésistible poussée héroïque du nourrisson qui s’arrache à la sécurité illusoire pour accéder à la vie terrifiante.

À chacune de ces agonies, je renais à quelque chose, je n’en finis pas de renaître à moi-même.

Comme je m’arrache une ancienne peau, je mue en hurlements silencieux, et après ces accouchements à moi même, épuisée je m’appartiens un peu plus à chaque fois et je m’investis de Ma Vie qui n’avait pas sa place dans mon existence...

 

Traversées quasi quotidiennes, je m’habitue et cela me contraint à puiser dans mes ressources enfouies, le potentiel est en moi.
Puissante et tenace est la Vie. : j'ai beau dire, il faut croire que je l'aime à la folie.

*Dessin juillet 2006

mercredi, 04 octobre 2006

Vous savez quoi ?

Juste vite fait, une fesse sur un tabouret et l'autre oeil sur une porte, dire qu'aujourd'hui, fallait que ça se sache,

j'ai ressenti un grand bien être
quelques minutes...
quelques dizaines de minutes...

C'était important de le dire ici, d'autant que la prochaine note (que j'ai eu tout le temps d'écrire !) pourra sembler assez noire, ce qu'elle n'est pas tant que ça si l'on y regarde de près !

Sans le net, contrainte par les circonstances, le quotidien semblait bien austère, et finalement ça m'a permis de dépasser certaines choses et de "faire du nouveau" comme dirait mon formateur.

Ce sevrage aura vraiment été extrêmement fécond !

jeudi, 31 août 2006

Archi-remède

Suite à mon chagrin d'hier, que je gardais bien bloqué en moi, je devine qu'il trace le chemin d'autres, dont je vais ainsi me libérer.
Je me disais que ça n'était pas étonnant que je me sente si plombée depuis si longtemps : il y avait urgence à soulever un peu le couvercle de la cocotte minute et vider le chaudron à chagrin de petite fille comme je le disais, mais de femme et de mère aussi.
Et je me dis aussi combien c'est difficile d'être mère, tant que l'on n'a pas pu être petite fille...

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Sinon, côté hydrostatique, comme je n'arrêtais plus de dégouliner, j'ai menacé mon fauteuil de PC d'inondation lacrimale, d'ailleurs il flotte lui aussi à présent !
... Et je me sens plus légère : c'est ma poussée d'Archimède* à moi.


*Archimède aurait dit aussi : "Donnez-moi un point d'appui, et je soulèverai le monde"... (hé hé)

lundi, 28 août 2006

Conte : La Tortue Spéciale

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Il était une fois une drôle de Tortue.

Elle avait pas mal traîné sa carapace de ci de là, dans les marécages et sur les rivages glauques. Il y eut quelques beaux moments, sur des rivages lumineux et ressourçants, mais trop rares. Pourtant c'est peut être grâce à eux qu'elle ne trépassa pas si tôt.

Sa carapace portait toutes sortes de marques mais elle ne les sentait plus toutes. Certaines étaient encore fraîches cependant elle avait développé une aptitude innée à la cicatrisation. Elle avait flotté sur les crêtes acérées de moultes et terribles tempêtes, sombré carapace et biens puis surnagé, et ainsi testé la capacité flottatoire de cette fameuse carapace pleine de rustines.  Sur terre ferme, elle avait aussi des dons de culbuto, mais elle mit très longtemps à le savoir.

Elle avait eu la naïveté de croire (elle était candide) que sa carapace la protégerait des coups du sort, et ce qu’elle avait mis très longtemps à comprendre aussi, c’est que les coups venaient plutôt par en dessous. Ou par derrière. Et en dessous… cher lecteur, elle était faible, vulnérable, blessée, tendre, molle et douce, et dans un grand besoin de réconfort.

Elle était née dans une couvée qui n’en était pas une, sitôt pondue, elle avait été livrée à elle-même et aux éléments déchaînés de la vie. Depuis, elle n’avait eu de cesse de trouver l’île, la communauté, ou les congénères qui allaient lui apporter enfin le réconfort et la sécurité qu'elle n’avait pas eus aux moments si vulnérables où elle en aurait eu si besoin, à la merci des requins, goélands et autres prédateurs. Elle était prête à tout, même à s’alliéner avec d’autres espèces et nourritures inadaptées, pour s’aider à supporter son infinie solitude et sa grande détresse.

Ça n’étaient pas les mâles, géniteurs ou non, de passage qui avaient apporté le moindre réconfort à notre Tortue. Ils s’en étaient allés comme ils étaient venus, mais il en fût pourtant un qu’elle invita imprudemment à rester une bonne vingtaine d’années (mais qu’est-ce que 20 ans sur une tortue centenaire ? Un cinquième de sa vie ? Oui, mais certaines années chez les tortues pèsent plus lourd que les autres dans la balance) car la Tortue voulut croire, parce qu’elle était désespérée, qu’elle procéderait comme certaines autres espèces insolites : avoir un compagnon à vie. Elle croyait aussi que les "bonnes" Tortues mâles n'existaient pas, ou bien qu'elle n'y avait pas droit du tout, elle, car très tôt on lui avait asséné qu'elle était le Vilain petit canard de la couvée de Tortues.

L’erreur lui fut presque fatale, ce mâle était de l’espèce des tueurs déguisés en gentils très souffrants, elle n’eut donc de cesse de s’occuper de lui, au lieu de s’occuper d’elle. Plus il était malade, plus ils sombraient tous deux avec leur petit, dans les fonds bourbeux où l’oxygène se faisait rare. Les opportunités de remonter à la surface pour reprendre son souffle devenaient inexistantes. A cette époque, elle buvait la tasse fréquemment, à très forte teneur en alcool, distillée par une source obscure tapie entre deux algues. Elle mit très longtemps à comprendre qu'elle s'empoisonnait à petites goulées, et renonça à la source qui ne l'euphorisait même plus.

Lorsqu’elle passa très près de la mort, menacée par son faux compagnon de vie, elle en était à la moitié de sa durée de vie déjà, elle eut un sursaut et donna un grand coup de carapace (c'était donc une arme aussi ?) à son bourreau en chair et en carapace, pour le bouter loin, mais elle ne se débarrassa pas pour autant de son bourreau intime, celui qui sévissait encore sous sa carapce, au fond d'elle même. Ça n'était pas aussi simple.

Sa carapace la protégea un temps, car elle pouvait s'y réfugier dès qu'elle avait peur, et elle était excessivement peureuse. Elle mit très longtemps à s'en rendre compte et à l'admettre. Sous sa carapace, elle se sentait enfin comme dans le sein d'une mère fantasmée, mais le souci dans ces moments là, et ils furent nombreux, c'est qu'elle ne se nourrissait plus, ne s'occupait plus de son petit, et surtout, n'avançait plus ! Ça lui arriva même de couler ! Et puis sous sa carapace elle se sentait très seule, et se retrouvait avec ses démons intimes et son bourreau intérieur.

Elle se mit alors à nager et à marcher de traviole, en biais, sur le dos, elle testa la nage du canard, sur deux pattes, de guingois, elle s'enterra, s'entraîna à l'apnée, la tête en bas, à cloche pieds, avec des béquilles, ou un tuba pour respirer un peu en position acrobatique, et à terre avec des roulettes, (elle était assez ingénieuse) et put ainsi se laisser rouler car elle se sentait si lasse que même ses pattes ne la portaient plus.

Ainsi, cahin caha, elle survécut quelques années supplémentaires.

Épuisée par toutes ces nombreuses et courageuses tentatives de rester à flot, elle se rendait bien compte que ça n'étaient qu'emplâtres sur pattes de bois, elle alla trouver une Tortue dont on disait qu'elle savait de quel mal elle souffrait. Elle se rencontrèrent régulièrement et notre Tortue commença à redresser le cou, qu'elle avait fort long (c'était l'une de ses fiertés inavouées) et à trouver sa carapace moins lourde. Elle ouvrait ses yeux (bleus, ce qui prouvait qu'elle était une tortue génétiquement mutante) de plus en plus sur les causes et les solutions à toutes ses tracasseries, misères et souffrances.

Elle commença à accepter que si elle voulait devenir une belle tortue centenaire digne de ce nom, fière d'assumer ses différences, ses cicatrices, ses gnions en dedans et son regard étrange sur les choses et sur les autres, elle devrait faire sa route toute seule, au travers des océans et des continents.

Elle partit donc seule, petite coque flottante, faire son tour du monde initiatique, découvrir d'autres contrées. Petit à petit, des compagnons de tour du monde, eux même en quête, s'adjoignirent à elle lors de ses étapes. Chaque contrée découverte, même et surtout douloureuse lui apprit quelque chose sur elle. Et elle souffrit beaucoup lors de ce très long voyage. Mais elle se sentit grandir et ses forces revenir petit à petit. Elle commençait à comprendre pour quoi elle était restée malgré tout en vie, ce qu'elle avait à faire maintenant de tout cela, transmettre son savoir et son expérience à d'autres Tortues-vilains-petits-canards, et s'acharna un peu maladroitement à reprendre des forces et à se consolider pour y arriver, et se sentir digne et fière d'elle. Elle était la Tortue qui voulait se faire aussi lumineuse qu'une Fée.

C'est à ce moment là que nous l'avons rencontrée, quelque part sur la planète Terre. Nous l'avons trouvée attachante.

C'était une drôle de Tortue. Elle avait pas mal traîné sa carapace de ci de là qui portait toutes sortes de marques....

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